Une question ? Une réponse.

Présenter une unique proposition graphique lors de la création de son site web n’est pas synonyme de négligence, mais de professionnalisme. Le rapport logique est : le demandeur pose une question et le graphiste donne une réponse. Il ne s’agit pas de donner une idée de réponse. Il est question de donner un véritable sens à la demande.

En fait, faire une synthèse des différentes réponses déjà apportées à la question ou bien mélanger ces pistes, c’est remettre en cause le sens de chaque élément créé. De plus, cela insère la notion d’incertitude dans les propositions graphiques. Un doute qui est pour le plus souvent ressenti par le demandeur.

Par ailleurs, l’interprétation est dissemblable selon les individus et le demandeur sera le premier à avoir une lecture divergente du graphiste. C’est pourquoi avoir de multiples propositions va complexifier la compréhension de l’approche que le graphiste a voulu aborder. De plus, cela peu engendrer la sélection d’une piste peu appropriée.

Il est donc clé d’avoir une seule proposition. Un projet perfectionné, complet et réfléchi. Le client possède alors devant lui une proposition correspondant à sa demande.

Ces propos ne s’appliquent pas en revanche pour la création d’un logo. En effet, à la différence du web, il faut pouvoir présenter plusieurs pistes de réflexion parfois radicalement différentes, car chacune mettra l’emphase sur un axe en particulier. Et ces pistes ne sont pas combinables.

Pour ne pas comparer et combiner des éléments

Bien sûr, certains diront que proposer plusieurs propositions permet d’établir une comparaison, pouvant aider le demandeur à verbaliser ce qu’il veut et ne veut pas en opposant deux propositions. Mais une question se pose : pourrait-il changer d’avis, et préférer une proposition qui illustre ce qu’il ne faut pas faire ? Un revirement de position n’est pas inévitable.

De plus, il arrive de vouloir mixer plusieurs éléments de différentes propositions pour n’en obtenir qu’une. On attend alors du graphiste qu’il combine par magie ces éléments issus de partis-pris radicalement différents, et qu’il en fasse la maquette parfaite. Après tout, c’est son job ? Malheureusement, cela marche rarement… Car le rendu final n’est plus le fruit d’une réflexion cohérente et aboutie de bout en bout, mais un patchwork très souvent bancal.

Le plus simple est de prendre un exemple avec les deux schémas ci-dessous :

  • À gauche, le graphiste propose une page d’accueil composée d’images d’ambiance et de peu de texte, centré. Un bouton Contact est situé en haut à droite de la page, et lorsque l’internaute fait défiler la page (scroll), le bouton suit le scroll et reste toujours visible au même endroit. Il ne gênera pas le contenu.
  • À droite, une page d’accueil composée d’images, de graphiques, et des textes plus longs. Le bouton Contact est toujours placé au même endroit, à la différence qu’il ne suivra pas le scroll : il reste fixe en haut à droite de la page.

L’idée du bouton qui suit au défilement est intéressante. Mais combiner cette fonctionnalité avec la configuration de la page de droite serait encore mieux ! Cependant, ce mélange n’est pas possible puisque l’icône Contact cachera le contenu, comme la maquette le montre, au fur et à mesure du défilement.

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Et si ça ne plaît pas ?

Le but n’est pas de plaire ou de « draguer » son interlocuteur.

L’intention est de répondre le plus parfaitement possible à la question posée. Si le demandeur n’est pas satisfait, il faudra en analyser les raisons. Un professionnel saura poser les questions pour comprendre les raisons derrière le « je n’aime pas ». Par exemple, si vous n’aimez pas les boutons d’action rouges, est-ce parce que :

  • Vous n’aimez pas le rouge ?
  • Le rouge est aussi présent dans d’autres éléments du site et on distingue donc mal les boutons d’action ?
  • La couleur rouge n’est pas adaptée au vu de votre secteur d’activité, et risque de ne pas parler à vos cibles ?

Suite à cette analyse, deux possibilités s’offrent au graphiste :

  • Dans le premier cas, on s’aperçoit qu’on est hors-sujet. Le cahier des charges n’a pas été respecté, ou le brief a évolué entre temps, et il faut alors faire une nouvelle proposition graphique ;
  • On identifie des problèmes dans la première proposition graphique, mais le cahier des charges a globalement été respecté. Dans ce cas, on fait évoluer la proposition graphique pour qu’elle réponde au mieux au besoin utilisateur.

Dans les deux cas, l’important est que le graphiste sache rebondir.